Le magazine Déclic, objet d’une plainte de la part de la société française Integragen, vient d’être condamné pour diffamation envers cette entreprise. En Juillet 2005, un communiqué de presse d’IntegraGen annonçait la commercialisation prochaine du « premier test génétique de l’autisme », en s’appuyant sur une publication scientifique de son équipe de recherches. Le rôle des gènes dans cette affection n’est pas une nouveauté : il est aujourd’hui reconnu que les causes de l’autisme sont en grande partie génétiques. Cette déclaration n’en était pas moins hautement critiquable. D’abord sur le plan scientifique : la publication portait sur un seul gène et se terminait sur une conclusion prudente : « Nos données suggèrent que le gène PRKCB1 pourrait être impliqué dans l’étiologie de l’autisme. » Le communiqué d’IntegraGen, lui, ne s’embarrassait pas de nuances : il parlait de quatre gènes identifiés, affirmait leur implication directe dans la maladie, et prévoyait la mise sur le marché du test dès 2006 aux Etats-Unis. Et surtout, selon les chiffres mêmes donnés par l’entreprise, ce dernier aurait donné 90 % de « faux positifs », c’est-à-dire que sur dix enfants ayant un résultat positif, un seul serait réellement autiste…
  • « Génétique et business : défendons la liberté de critique ! »
  • Nous remercions la revue Médecine sciences (m/s) Vol. 23, n° 5, mai 2007
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